Tisser des membranes d’appartenance, concept de Pablo Servigne (Forum de la Paix) - Et si les fascias étaient les 1ères membranes d'appartenance à consolider pour allier sécurité intérieure et paix ?
- 13 avr.
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Dernière mise à jour : il y a 8 heures
Et si les membranes de notre corps étaient les premiers gardiens de notre sécurité intérieure, comme un premier barreau de l'échelle pour aller vers la paix ? Et si les fascias étaient les premières membranes d'appartenance dont parle Pablo Servigne ?
Petite explication en partant des idées de Pablo Servigne, chercheur in terre dépendant et son concept de "membranes d'appartenance".
Au Forum Prépare la Paix 2026 qui a eu lieu samedi dernier, Pablo Servigne nous a présenté ses réflexions face aux enjeux actuels. Il y a développé les idées de ses 2 derniers livres, Le réseau des tempêtes et Le Pouvoir du Suricate, Apprivoiser nos peurs pour traverser ce siècle.
Le trauma, quand on coupe avec le corps souffrant
Pour Pablo Servigne, la violence provient d’une coupure, une absence de sensibilité et d’empathie.
Quand on vit un trauma, on coupe avec le corps souffrant. Et alors, on grandit dans la tête, loin du corps souffrant.
En tant que chercheureux, il nous parle d’un petit animal d’Afrique surnommé le “sentinelle du désert”, le suricate. Il y a chez ces mammifères une partie du groupe qui ont un rôle de vigile. Ces sentinelles sont à l'affût du moindre danger. Quand elles donnent l’alerte, elles crient et préviennent ainsi tout le groupe. Elles déclenchent alors la peur, l'adrénaline qui permettra aux suricates de survivre.
Ces suricates, ce sont un peu comme l’amygdale de notre cerveau qui prévient notre système nerveux en cas de danger. Le système nerveux déclenche la peur en nous et envoie l'adrénaline pour que l’on survive.
Le grand kief du suricate, ce sont les liens qui sécurisent. Il est dans le vert quand son sentiment de communauté est dense et fort. Le suricate est le gardien des liens avec nous-même et avec les autres.
Quand il donne l’alerte, il est dans le rouge, c’est l’action. Ou dans le cas des humains, les stratégies de survie que sont l’action et les compensations, la clope, le café, l’action intellectuelle et physique.
Le suricate peut repasser dans le vert quand l’alerte est levée.
Dans certains cas, l’action ne suffit plus. Quand le suricate se fait prendre par exemple, il va chercher une autre stratégie que l’action pour se couper de son senti et moins souffrir. Il fait le mort pour échapper à son agresseur. Ou alors il se coupe totalement de son senti pour éviter de souffrir au moment de se faire tuer.
Quand il se fige, le suricate arrive dans le bleu. Le bleu, c’est l’anesthésie, le gel, la dissociation. On part loin de son corps pour ne pas sentir.
Le bleu est un magnifique outil de survie à notre disposition. Le problème n’est pas d’aller dans le bleu, le problème c’est d’y rester trop longtemps.
Le travail sur les fascias
Pour repasser dans le vert, Pablo Servigne explique qu’il sera nécessaire déjà de retraverser le rouge, c’est-à-dire de vivre dans le corps toutes les actions qui ont été bloquées durant la période bleue.
Et là, c’est tout à fait intéressant par rapport au travail psychocorporel. Ce que je peux observer pendant les séances de fascias, c'est très souvent une douleur qui passe par un endroit, puis va dans un autre endroit. Un chemin qui se crée au fil de la séance. Les fascias se détendent.
Certaines personnes revivent des mouvements corporels : un sursaut ou des tremblements.
Ces mouvements semblent se déclencher comme réaction à l’accumulation de périodes de gel.
Comme si toutes les émotions bloquées et accumulées pendant la période de dissociation se relâchaient, une à une.
Le travail des fascias permet cet accueil. Dans un cadre sécure, au rythme du corps.
Rester dans le vert en tissant des membranes d’appartenance
Pour rester dans le vert et garder un sentiment de sécurité, le suricate a besoin d’un sentiment de communauté dense et fort, nous dit Pablo.
Par analogie, Pablo Servigne nous propose à nous les humains de questionner le cadre de sécurité que l’on met. Il voit dans les mécanismes d’entraide le meilleur moyen de rester dans le vert et construire petit à petit une paix durable.
Il suggère de refaire des membranes d’appartenance à petite échelle, et de plus en plus grande, pour amener de la sécurité.
Là aussi, je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec les membranes les plus petites, celles qui nous composent à l’intérieur du corps.
Détendre les fascias, apporter de la souplesse à nos membranes, c’est s’apporter à chacun, petit à petit, une sécurité intérieure de plus en plus solide, qui nous permettra d’être mieux préparé.e face aux aléas qui nous attendent.
Préparer la paix intérieure et extérieure en même temps, c’est ainsi se préparer au monde fluctuant d’aujourd’hui et de demain.
Pour aller plus loin :
Derniers livres de Pablo Servigne
Le réseau des tempêtes. Manifeste pour une entraide populaire (Les liens qui libèrent, 2025)
Pour détendre les membranes internes, les fascias : prendre rdv ici



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